«Coupe de France: David contre Goliath» – www.paris-normandie.fr

Commune : Saint-Sébastien-de-Morsent. Population : 4 697 habitants. Particularité : l’équipe locale de football, évoluant en 1re Division du district de l’Eure et qualifiée pour le 4e tour de la Coupe de France s’apprête à défier ce dimanche le CMS Oissel, une formation habituée aux joutes du CFA 2. David contre Goliath en quelque sorte car six divisions séparent les deux clubs qui vont s’affronter sur un terrain ayant reçu une dérogation exceptionnelle pour accueillir une telle affiche. « Il fallait un terrain homologué de niveau 5, confie Christophe Bontemps qui entame sa 3e année à la présidence du club. Or le nôtre ne répond qu’aux normes du niveau 6. Afin de jouer chez nous, on sera donc tenu d’installer une cabane (sic) pour le délégué et de disposer quelques barrières par-ci par-là. »
Crée au milieu des années 70, le club eurois qui compte aujourd’hui entre 250 et 280 licenciés pour 17 équipes se prépare donc à vivre un moment historique. « J’ai interrogé tous les anciens, raconte encore Christophe Bontemps, et aucun n’a le souvenir de la présence du club au 4e tour de la Coupe de France. » Une rencontre exceptionnelle qui cependant n’est pas sans poser quelques problèmes auxquels le président va se trouver confronté aux guichets du stade municipal dimanche après-midi. « Habituellement l’entrée du stade est gratuite. Mais pour répondre aux obligations réglementaires, l’entrée sera payante et le prix du billet fixé à 3 €. Malgré cette petite contrainte financière, j’espère accueillir entre 300 à 400 spectateurs si le temps est de la partie. »

Une euphorie qui les dépasse

Loin de ces tracasseries insolites, Mehdi Benmalek, le jeune entraîneur (31 ans), arrivé au club cet été en provenance de Lille, reconnaît que « la Coupe a un effet pervers. La preuve ? Nous avons perdu dimanche dernier (0-1 contre Evreux Lusitanos). Je n’ai pas de souci à cause de la défaite mais en raison de la contre-performance, de la prestation moyenne du groupe. Les joueurs sont dans une espèce d’euphorie qui les dépasse. Ils sont sortis du quotidien. » Pour autant, l’ancien joueur de l’ES Roncq (PH), actuellement assistant d’éducation au lycée Modeste Leroy à Evreux mais qui se prépare au concours de conseiller d’éducation a déjà son schéma tactique en tête avant d’affronter les banlieusards rouennais. « Olivier Ritaine, un ami qui est adjoint au coach de l’équipe de Wasquehal (CFA 2) m’a conseillé de jouer avec un bloc positionné assez bas afin de réduire les espaces et de gêner les temps de réaction de nos adversaires. Notre petit terrain qui n’est pas terrible sera également un avantage pour nous. Je souhaite sortir de la compétition la tête haute en évitant de prendre une cartouche (sic). Ça m’embête de jouer ce match si c’est pour en prendre 10. On va jouer crânement notre chance et s’il ne reste que 0,1 % de chance de se qualifier on prend. En tout cas, on va faire en sorte de leur poser des problèmes. »