Un derby sans concessionwww.paris-normandie.fr

Après une période de vache maigre de six semaines, marquée par une série de cinq rencontres sans le moindre succès (3 défaites, 2 nuls) le CMS Oissel a renoué avec la victoire le week-end passé en allant s’imposer à Evry. Cet après-midi, c’est de pied ferme et avec un esprit revanchard que les banlieusards rouennais attendent les Havrais de l’AM Neiges victorieux de la première manche au stade Jules-Deschaseaux (1-0). Car leur entraîneur Abdel Zamrat n’a pas oublié cette première confrontation catastrophique. « Je m’en souviens comme si c’était hier, raconte-t-il. Certes, Georges (Ngoumé) était suspendu et Florian (Coquio) blessé, mais nous n’avions cependant pas été à la hauteur. Peut-être le match le plus mauvais de notre part de la saison. Nous avions été absents dans tous les domaines, dans tous les secteurs du jeu. »
Le genre de défaite qui laissera forcément des traces lors du décompte final si Lacaille et ses coéquipiers étaient privés d’une accession. « Désormais, on ne parle plus de la montée, poursuit le tacticien du CMSO. Quand une équipe n’est pas en mesure de gagner un match en cinq rencontres, elle ne peut pas prétendre à l’étage supérieur. Avant de nous déplacer à Evry, j’ai même carrément changé de discours auprès des joueurs en leur signalant notre position au classement. En leur disant lors de la causerie que nous n’avions que 7 points d’avance sur le premier relégable et que le danger venait d’en bas. »

Pas de cadeau entre amis
Dans l’Essonne le discours a été à l’évidence bien perçu par l’ensemble de ses troupes. « J’ai retrouvé les valeurs de l’équipe qui nous ont fait défaut pendant un mois. Celles de la combativité, de la solidarité, de la générosité, de l’efficacité offensive et de la rigueur défensive. »
Aujourd’hui les banlieusards rouennais se sont éloignés de la zone rouge contrairement aux Havrais qui ne parviennent pas à s’en extraire. Pour autant, il ne faut pas s’attendre à un geste de solidarité, un petit arrangement entre amis de la part des Osseliens pour sauver les Havrais. « Ce n’est pas le genre de la maison, ni de ma philosophie du football, insiste Zamrat. La meilleure preuve ? L’an dernier je n’ai fait aucun cadeau à Nicolas Gilbert, mon ami et entraîneur de Saint-Omer. Alors que nous n’avions rien à gagner dans un match de fin de saison tandis que les Nordistes jouaient le maintien, nous étions repartis de Saint-Omer avec la victoire. »

C. S.

CMS Oissel – AM Neiges, cet après-midi à 15 h

au stade Marcel-Billard.

Absences : Devassy, Coulibaly, Ba (choix de l’entraîneur), Travailleur (suspendu), Lederne, Emmanuel (reprise), Mignot (dos) à Oissel

Entrées : Coquio (choix de l’entraîneur) à Oissel.
OISSEL : Lacaille – Lequang, Langlois ou Delesques, Sarhane, Diack – Corbard, Lebourg, Mauger – Abdelmoula, Surville, Mainemare.
Remplaçants : Tchiamas (g), Delesques ou Langlois, Ngoumé, Coquio, Barabadze.
Entraîneur : Abdel Zamrat

Soigner la défensewww.paris-normandie.fr

La criante leçon de réalisme infligée par Sainte-Geneviève à l’AM Neiges, il y a quinze jours à Deschaseaux, semble encore raisonner dans les têtes neigeoises. Car, plus encore que la lourdeur du score (0-3), c’est semble-t-il le scénario de la rencontre qui a marqué les esprits.
« Cela a été une grosse claque, reconnaît Mohamed Bachir. Quand tu as autant d’occasions et que tu prends 3-0, forcément tu te dis qu’il y a un problème quelque part. » En conséquence, les Havrais devraient très probablement abandonner leur traditionnel 4-3-3, cet après-midi (15 h) sur la pelouse d’Oissel, pour un match où le retour d’une victoire, qui fuit Malick Alassane et ses coéquipiers depuis trois rencontres, rimerait plus que jamais avec celui de l’espoir. « On a décidé de faire évoluer notre façon de jouer, indique ainsi le coach neigeois. A ce niveau, ça ne sert à rien d’avoir trente-six mille occasions de marquer. Mais, il faut être capable de mettre la bonne au fond. On va donc opter pour un système beaucoup plus défensif. »

« Si pression il y a, elle est plutôt positive »

Évidemment, ce nouveau cap est également guidé par les 32 buts déjà concédés par le club des quartiers sud qui en font la plus mauvaise défense du championnat. Une statistique pas très rassurante au moment d’aller défier le voisin rouennais dont Bachir redoute justement la « qualité de ses joueurs offensifs », sans oublier celle de son homologue, « un très bon coach que je connais bien, très tacticien. »
Mais au moment où ils s’enlisent dans la zone rouge (13e), et à huit journées du terme du championnat, Les Neiges ne peuvent plus vraiment se permettre une nouvelle copie blanche. L’entraîneur tempère. « Si pression il y a, elle est plutôt positive. On a une carte extraordinaire à jouer lors de ses huit derniers matches. C’est l’occasion pour nous de montrer notre vraie valeur. Jusqu’ici, on a été capables de quelques coups d’éclats, mais on s’est toujours éteint sur la durée. Pourtant dans ce championnat hyper-serré, il peut suffire de deux victoires d’affilée pour faire un bond au classement. Mais, on n’est pas encore parvenus à le faire… » Quoi de mieux qu’un derby pour lancer une série ?